vendredi 18 août 2017

Les lémuriens de Madagascar « au bord de l’extinction ! »


Les lémuriens de Madagascar « au bord de l’extinction ! »

 

N

os lémuriens nous poussent un grand cri de détresse. Ils sont actuellement parmi les primates les plus menacés de la planète d’après une étude faite par des experts de la protection de la nature. La déforestation et le braconnage en sont les principales causes. Même si jusqu’ici aucune espèce ne s’est complètement éteinte, la majorité de ces primates sont en péril dans leur habitat naturel.

Madagascar compte 112 espèces de lémuriens, parmi eux les plus connus du public, le Lémur Catta (Maki Catta), l’Indri (Babakoto) qui est le plus grand des lémuriens, le Propithèque de Verreaux, le plus petit des lémuriens le Microcèbe, le Sifaka Soyeux, le Maki Varis (Varika),… Les moins connus et les plus rares tels que le Lémur à ventre roux, le Grand Hapalémur, Le Grand Cheirogale, le Phaner Furcifer, le Lémur mongoz,… Toutes ces espèces vivent exclusivement dans la forêt et ne peuvent pas survivre sans celle-ci mise à part le maki catta qui peut s’adapter à un milieu plus pénible tels que les rochers et peut se déplacer sans difficulté, à quatre pattes, sur le sol.

Selon le professeur Jonah Ratsimbazafy, un primatologue malagasy de l’Université d’Antananarivo, ces lémuriens sont « au bord de l’extinction » et qu’il ne nous reste plus beaucoup de temps avant que ces mammifères ne disparaissent définitivement avec le peu de forêt restant sur la Grande Île. L’unique responsable de cette destruction massive de la forêt malgache est la population elle-même. Le charbon de chauffe, la culture sur brûlis, les trafics de bois précieux et les exploitations minières à Madagascar entrainent la disparition de la forêt à une vitesse hallucinante. On estime une perte de 36 000 hectares de forêts chaque année sur l’île et il nous reste plus désormais que 10% de la forêt d’origine. Et d’après encore cet expert, d’ici trente ans il n’y aura plus de forêt à Madagascar si la déforestation continue à ce rythme infernal et en l’occurrence il n’y aura plus de lémuriens.

A part la destruction de son habitat naturel, nos lémuriens sont aussi actuellement confrontés à une chasse sans merci pour leur chaire. En effet après la crise qui a frappé Madagascar depuis 2009, la population malgache est tombée dans une pauvreté extrême. Suite à la dégradation des moyens de subsistance des paysans et à la hausse du prix de la viande en brousse, ces derniers se livrent à la traque d’animaux sauvages destinés à la consommation et nos lémuriens en font belle et bien partie. Une triste réalité pour ces mammifères endémiques symboles de la Grande Île et qui sont aussi une attraction pour les touristes. Il n’existe pourtant, jusqu’ici, aucune loi pour protéger nos primates en voie d’extinction et les exploitations forestières et minières gagent de plus en plus le soutien du gouvernement.

 

Recueillis par Tojo       

 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire