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os lémuriens nous
poussent un grand cri de détresse. Ils sont actuellement parmi les primates les
plus menacés de la planète d’après une étude faite par des experts de la
protection de la nature. La déforestation et le braconnage en sont les
principales causes. Même si jusqu’ici aucune espèce ne s’est complètement
éteinte, la majorité de ces primates sont en péril dans leur habitat naturel.
Selon le professeur Jonah Ratsimbazafy, un primatologue
malagasy de l’Université d’Antananarivo, ces lémuriens sont « au bord de
l’extinction » et qu’il ne nous reste plus beaucoup de temps avant que ces
mammifères ne disparaissent définitivement avec le peu de forêt restant sur la
Grande Île. L’unique responsable de cette destruction massive de la forêt
malgache est la population elle-même. Le charbon de chauffe, la culture sur
brûlis, les trafics de bois précieux et les exploitations minières à Madagascar
entrainent la disparition de la forêt à une vitesse hallucinante. On estime une
perte de 36 000 hectares de forêts chaque année sur l’île et il nous reste
plus désormais que 10% de la forêt d’origine. Et d’après encore cet expert, d’ici
trente ans il n’y aura plus de forêt à Madagascar si la déforestation continue
à ce rythme infernal et en l’occurrence il n’y aura plus de lémuriens.
A part la destruction de son habitat naturel, nos lémuriens
sont aussi actuellement confrontés à une chasse sans merci pour leur chaire. En
effet après la crise qui a frappé Madagascar depuis 2009, la population
malgache est tombée dans une pauvreté extrême. Suite à la dégradation des
moyens de subsistance des paysans et à la hausse du prix de la viande en brousse,
ces derniers se livrent à la traque d’animaux sauvages destinés à la
consommation et nos lémuriens en font belle et bien partie. Une triste réalité
pour ces mammifères endémiques symboles de la Grande Île et qui sont aussi une
attraction pour les touristes. Il n’existe pourtant, jusqu’ici, aucune loi pour
protéger nos primates en voie d’extinction et les exploitations forestières et
minières gagent de plus en plus le soutien du gouvernement.
Recueillis par Tojo



